Les coulisses de la production automobile

Posted on 06. Mai, 2014 by in Dossier, Histoire, Technologie

Il est tellement facile aujourd’hui de se procurer les objets dont nous avons besoin au quotidien, que nous prenons rarement le temps de réfléchir aux étapes de fabrication et de production qui ont précédé leur mise à disposition. Il est assez probable que même si nous travaillions dans les usines qui fabriquent ces objets, nous n’aurions pas une complète compréhension du processus qui mène au produit fini. Les objets sont acheminés à travers les usines sur les chaînes de montage, et chaque étape de leur fabrication est prise en charge par un employé assigné à une tâche individuelle. S’il est un produit dont la production est particulièrement opaque et complexe, c’est bien l’automobile. Nous nous intéressons ici aux principes de base de la production automobile.

Photo : Brian Snelson

Photo : Brian Snelson

Ce qui est le plus frappant dans les chaînes d’assemblage modernes, c’est qu’elle n’ont pas beaucoup changé depuis le système initial introduit par Ford il y a plus d’un siècle. Les voitures passent toujours par des ouvriers à des postes de travail individuels qui effectuent chacun une tâche donnée. À l’issue de toutes ces tâches, le véhicule quitte la chaîne de montage, prêt à rouler. Sur les lignes de production actuelles, nombreux sont les composants (disques de frein, interrupteur à bascule, en passant par la boîte de vitesse, etc.) qui ne sont pas fabriqués sur place mais achetés par les constructeurs automobiles à des fournisseurs qui ont leurs propres chaînes d’assemblage.

Si les principes basiques de la production d’automobile en série sont restés les mêmes, les innovations récentes ont également amené plusieurs changements. Les robots effectuent à présent de nombreuses tâches auparavant réalisées par les travailleurs. Les chaînes de production impliquant des mouvements répétitifs, l’automatisation était une suite logique au travail manuel, ainsi qu’une alternative plus sécurisée. Si cela cause des suppressions d’emplois inévitables, cela permet dans le même temps de diminuer les coûts de production.

La plupart d’entre nous se souviennent des films de Charlie Chaplin, ou de reportages montrant les travailleurs automobiles œuvrant dans des usines sinistres, sombres et sales. Les nouvelles usines de production à la chaîne revendiquent toutefois des infrastructures plus salubres, lumineuses et ouvertes. En Allemagne, l’usine d’assemblage BMW située à Leipzig en est un parfait exemple. D’autres constructeurs s’engagent du côté d’une production plus respectueuse de l’environnement. L’usine Subaru de Lafayette notamment, recycle 99,8% de ses déchets.

En terme humain, l’un des problèmes majeurs auquel les constructeurs automobiles sont confrontés, est la satisfaction et le bien être de ses employés au travail. Chez des travailleurs contraints à la réalisation en série d’opérations répétitives, l’aliénation est un problème commun. Chez Toyota, des progrès sont en cours dans ce sens, notamment au Japon où l’on essaye de faire des usines des lieux plus plaisants, en diffusant de la musique, par exemple. Plus significatif, les employés y sont encouragés à interrompre une ligne de production pour intervenir s’ils s’aperçoivent d’un défaut, ceci en dépit de la perte occasionnée par l’interruption et le redémarrage d’une chaîne. Ces initiatives ayant été un succès, d’autres constructeurs commencent à s’en inspirer.

Enfin, il est des entreprises qui n’ont jamais vraiment appliqué la méthode de production à la chaîne à leurs engins, et qui ont tenu à ce que ces derniers demeurent faits main, comme les constructeurs de luxe Aston Martin ou Ferrari. La Corvette de Chevrolet quant à elle est fabriquée en associant ces deux méthodes, elle possède un moteur fait main, mais d’autres composants de la voiture sont assemblés sur les chaînes de montage.

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